L'auteur

André-Michel Essoungou

Douze ans de reportage à l'intérieur de la machine, une décennie de conseil aux Nations unies sur les conflits qu'elle couvrait mal, et une longue querelle avec les deux.

Portrait d'André-Michel Essoungou, dessin à l'encre et au lavis : un homme souriant, à lunettes, veste sombre, bras croisés.
Aujourd'huiAuteur et analyste
Nations uniesConseiller politique pendant plus de dix ans — RD Congo et Grands Lacs, puis Mali et Sahel
JournalismeCorrespondant à l'étranger pour la BBC World Service et Radio France Internationale, 1997-2008. En poste en Ouganda puis en Tanzanie, 2003-2007
SignaturesThe New York Times, Le Monde diplomatique
FormationMaster en science politique, Université de Genève · Licence de sociologie, Université de Yaoundé I
ÉgalementJustice à Arusha (L'Harmattan, 2006) — une enquête sur la politique de la justice internationale

En ses propres mots

« Chaque métier a ses illusions. Le journalisme peut-être plus que d'autres. Vu de l'extérieur, il apparaît comme un artisanat voué à la vérité : des reporters qui traversent les continents, observent les événements, recueillent des faits et les renvoient au monde. L'image est rassurante.

Mais les récits ne sont jamais neutres.

Pendant plus de dix ans, j'ai vécu à l'intérieur de ce système. J'ai couvert des villes et des zones de conflit, assisté à des points de presse et à des réunions diplomatiques, et regardé le cycle mondial de l'information tourner à une vitesse implacable. C'était un poste d'observation extraordinaire. Et pourtant, très tôt, j'ai senti que la manière dont le monde était décrit ne correspondait pas tout à fait au monde que je connaissais. Ce livre est une tentative de comprendre cet écart. »

Un étranger dans la pièce

Entre 1997 et 2008, il appartient à une tribu réduite et singulière : les correspondants étrangers dispersés entre Montréal, New York, Arusha, Kampala et Genève, un univers presque entièrement composé de journalistes occidentaux travaillant pour des médias occidentaux. Qu'un homme noir venu du Cameroun se retrouve dans ce cercle n'a jamais cessé de le surprendre. Il se décrit alors comme « à la fois participant et anomalie » — et c'est cette double position qui a fini par produire ce livre.

L'autre source

La seconde source tient à ses années d'études — sociologie à Douala et Yaoundé au milieu des années 1990, science politique à Genève à la fin des années 2000 — et à une constellation de penseurs qu'il a lus et, dans plusieurs cas, rencontrés : Achille Mbembe, Jean-Marc Ela, Mongo Béti, Jean Ziegler, Pierre Bourdieu, Serge Halimi, Noam Chomsky, Edward Saïd.

À dix-neuf ans, étudiant en sociologie à Douala avec, dit-il, « plus d'ambition que de bon sens », il écrit à Bourdieu et à Halimi et confie les enveloppes au frère d'un ami qui repartait pour la France. Les deux lettres sont arrivées. Les deux hommes ont répondu — avec des livres alors presque introuvables au Cameroun, et des encouragements qu'il a gardés des années.

Quinze ans dans un tiroir

L'essentiel d'Echoes of Empire a été écrit il y a plus de quinze ans, à partir d'un mémoire de master dirigé à Genève par Léa Sgier, puis mis de côté à mesure que s'accumulaient carrières et responsabilités. Le retard s'est révélé instructif. Les régularités observées en 2007 ne s'étaient pas estompées ; elles s'étaient plutôt approfondies. Les arguments, dit-il, n'ont presque rien exigé de révision : « la réalité, malheureusement, a fait la mise à jour à ma place ».

Conférences et enseignement

Disponible pour des conférences, séminaires, formations en rédaction, tables rondes et festivals, en français ou en anglais, en présentiel ou en ligne.