Echoes of Empire
Comment les médias occidentaux recyclent les mythes coloniaux sur l'Afrique
Cinq millions de morts dans la Deuxième Guerre du Congo. L'Occident ne l'a presque pas remarqué. Ce livre explique pourquoi, en remontant article après article jusqu'au script du XIXᵉ siècle qui tourne encore, discrètement, sous le journalisme d'aujourd'hui.
Une traduction française est en préparation. Le livre paraît pour l'instant en anglais ; ce site, lui, est intégralement bilingue. Prévenez-moi de la parution.
Le pouvoir de définir la réalité d'autrui est le pouvoir ultime. L'Occident n'y a pas encore renoncé.
Entre août 1998 et juillet 2003, la Deuxième Guerre du Congo a tué plus que tout autre conflit depuis 1945. Durant ces cinq années, deux des magazines les plus respectés d'Occident lui ont consacré quelques dizaines d'articles — et ont raconté, presque sans variation, la même histoire : une terre qui entre en éruption, un peuple avec lequel on ne peut pas raisonner, un Occident qui devra bien finir par intervenir.
Ce livre est une lecture serrée de ces articles, et du siècle d'écriture qui les a rendus si naturels.
Quatre cadres, un script hérité
Le livre identifie quatre cadres narratifs récurrents dans la couverture. Ensemble, ils forment ce qu'il appelle le manuel colonial : une manière d'écrire sur l'Afrique qui a survécu aux empires qui l'ont inventée.
La naturalisation
Une guerre politique devient un événement géologique. Elle « éclate », c'est une « descente aux enfers », un « déluge de sang ». Causes, acteurs et intérêts disparaissent dans la météo.
Le sauvage
Les dirigeants deviennent des « chefs de village », les armées des « tribus ». Le mot tribal arrive exactement là où devrait se trouver l'analyse politique, et fait son travail en paraissant expliquer.
Le sauveur
Les initiatives de paix africaines — Lusaka, Sun City — sont disqualifiées d'avance. L'intervention occidentale devient l'unique horizon rationnel, et l'ancien colonisateur le héros malgré lui.
Le silence
Un continent de 1,4 milliard d'habitants devient un décor. Les acteurs africains sont rarement cités, et quand ils le sont, c'est pour fournir du désespoir ou valider une conclusion déjà écrite.
Un carrefour, pas une vitrine
Tout ce qui se trouve derrière le livre est ici, en accès libre : la recherche dont il est issu, le corpus qu'il analyse, un syllabus prêt à l'emploi et un podcast qui parcourt l'argument en moins d'une heure.
Le livre
Résumés de chapitres, un extrait, toutes les éditions — et le PDF complet, gratuit.
Lire → 02Unframing Africa
Dix épisodes courts, un par étape de l'argument. Écoute directe dans le navigateur.
Écouter → 03Méthode & sources
Le mémoire de Genève (2009), le corpus, la grille de codage — reproductibles.
Étudier → 04Enseignement
Un séminaire de master en douze séances et un cours pratique pour les journalistes.
Enseigner → 05Au-delà du livre
Les journalistes, les revues, les films et les archives qui font autrement.
Explorer → 06L'auteur
Douze ans correspondant à l'étranger, une décennie de conseil politique à l'ONU.
Découvrir →Il existe une certaine histoire que l'Occident se raconte à lui-même. Une histoire de progrès, de raison, de marche lente et désordonnée mais finalement en avant. Quand les nations occidentales entrent en guerre, le récit s'inscrit dans cette histoire. Leurs conflits, si brutaux soient-ils, sont chargés de sens. Leurs dirigeants, même les plus détestés, sont traités comme des acteurs rationnels engagés dans une partie d'échecs géopolitique.
Le cadre du sauvage en est l'exact inverse. C'est une machine narrative conçue pour prendre un conflit et le dépouiller de toute signification politique.
Chapitre 3 — From Conrad to The Economist
Enseignez-le, citez-le, discutez-le
Le mémoire, la bibliographie, la liste complète des articles analysés et un syllabus de douze semaines sont téléchargeables. Servez-vous, adaptez, contestez par écrit.